Enjeux agricoles et sanitaires

Positivons la bio progresse encore en France comme le souligne le rapport de l’agence bio que nous venons de relayer.

Nous partons de loin, pionnier en Europe dans les années 80, nous avons globalement stagné puisque la France avec 3,7 % de la SAU en bio fin 2012 est dans les dernières places sur les 27 pays européens. En ordre de grandeur par exemple l’Autriche a une SAU en bio d’environ 20%, la suède 16%, l’Estonie 15%, la République Tchèque 12%, l’Italie et la Slovaquie 10%, la Finlande 9%, l’Allemagne et le Danemark 7%, la Belgique 5% et l’Angleterre 4%,....

Nous avons donc en France 96% de la surface agricole dite conventionnelle à convertir à la bio.

La France reste malheureusement, premier utilisateur européen de pesticides (62 700 tonnes en 2011).
Et l’utilisation de ces pesticides a même progressé de 2,7 % entre 2010 et 2012.

Pesticides
Trop de cours d’eau français empoisonnés aux pesticides.
Les chiffres 2011 publiés ce mois-ci par le Commissariat général au développement durable sont édifiants. Des pesticides ont été retrouvés sur 93% des points de contrôle dans les cours d’eau de France, dont 30% à un niveau qui rend l’eau impropre à la consommation.

En parallèle, l’utilisation de pesticides a augmenté de 7% entre 2010 et 2011. C’est la conséquence d’un modèle agricole productiviste développé ces dernières décennies sous l’influence de l’agro-chimie. Les agriculteurs et les habitants des zones rurales agricoles en sont les premières victimes.

L’empoisonnement impuni de notre milieu ambiant et de notre alimentation, l’augmentation des maladies professionnelles en lien avec l’usage des pesticides, la disparition de nombreuses espèces animales, le coût de la dépollution... ne sont plus admissibles.

Ces chiffres démontrent aussi l’aspect en partie irréversible de la contamination. Parmi les 15 pesticides les plus présents dans les cours d’eau français, trois sont des substances aujourd’hui interdites. L’une d’elle l’est depuis 10 ans. Il faut d’urgence mettre en place une politique qui permette aux paysans de s’affranchir progressivement de ces produits néfastes pour leur santé et qui pèsent lourd dans leur budget. La PAC doit servir de levier pour aller dans ce sens.

En outre, il faut favoriser l’utilisation des Préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) en les affranchissant des procédures d’autorisations de mise sur le marché conçues pour n’accepter que des produits chimiques brevetés. Plus globalement, il faut soutenir un modèle agricole qui soit respectueux des paysans, de la santé des consommateurs et de l’environnement.

Extrait : http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=1831
- 30.07.2013

Rapport 2012 d’analyse des ventes de médicaments en France (10/07/2013)

L’édition 2012 du rapport d’analyse des ventes de médicaments en France
Chaque habitant a consommé en moyenne 48 boîtes de médicaments en 2012, de la même manière qu’en 2011.

Chaque année, l’Agence publie un rapport d’analyse des ventes de médicaments, remboursables ou non, réalisées en officines et dans les hôpitaux, à partir des données exhaustives transmises par les laboratoires.

Les données pour 2012 font apparaitre un arrêt de la croissance en valeur du marché pharmaceutique national, qui représente environ 27,2 milliards d’euros (21,1 milliards d’euros de ventes destinées aux officines et environ 6,1 milliards d’euros de ventes aux hôpitaux).

Ce marché subit un recul global de -1,5 %, mais il n’a pas la même évolution en ville ou à l’hôpital, puisque si les ventes réalisées en officines ont reculé de 2,8 %, celles destinées aux établissements hospitaliers ont progressé de + 3 % en valeur. Le marché des génériques, en recul en 2011, a quant à lui progressé en 2012, les mesures adoptées pour favoriser la substitution des génériques au début de l’été 2012 ayant très largement contribué à cette reprise. Il représente désormais 14 % du marché en valeur (10,9% en 2011) et plus de 26 % en quantités. (23% en 2011)

L’amoxicilline est la substance active la plus utilisée parmi les génériques.

Parmi les grandes tendances de 2012, on note que :

- 2 800 substances actives sont disponibles en France, ce qui correspond à 11 000 médicaments différents.

- Les formes orales sèches représentent toujours plus des deux tiers du marché de ville alors qu’à l’hôpital la première place est tenue par les médicaments injectables.

- La substance active la plus vendue en ville (en chiffre d’affaires ou en nombre de boîtes) reste le paracétamol. A l’hôpital, c’est un antinéoplasique (anticancéreux), le bévacizumab (Avastin) qui réalise le chiffre d’affaires le plus important.

- Les spécialités soumises à prescription obligatoire sont les plus vendues et représentent plus de 81 % du chiffre d’affaires et 53 % des quantités vendues.

- Le marché des spécialités non remboursables progresse et représente 9 % des ventes en valeur et 15 % en quantités.

- La consommation de médicaments reste importante et on estime qu’en 2012, comme en 2011, chaque habitant a consommé en moyenne 48 boîtes de médicaments.

Extrait : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé : http://ansm.sante.fr

Plan national sur les résidus de médicaments dans les eaux (PNRM)

Pourquoi un plan ?

Depuis plusieurs années, la communauté scientifique et les pouvoirs publics s’interrogent sur la présence dans l’eau, à l’état de traces, de résidus de médicaments et leurs effets sur notre santé.

Ce thème s’inscrit dans les missions préventives de veille de santé publique du ministère chargé de la santé (protection d’un accès durable à l’eau) et des missions de protection de la ressource naturelle et de la biodiversité du ministère chargé de l’écologie.

Le plan vise à anticiper un risque éventuel pour l’Homme

Le plan explore notamment les associations et interactions potentielles avec d’autres molécules chimiques, l’exposition chronique à faible dose et la mesure des effets sur l’Homme par des tests biologiques ou biochimiques, en accordant une attention particulière aux anticancéreux et dérivés hormonaux.

S’agissant de l’environnement, le plan s’inscrit dans la stratégie globale de réduction des pollutions des milieux aquatiques par les micropolluants. La priorité est d’engager des actions de réduction des émissions de substances à la source, afin de répondre aux exigences de la directive cadre sur l’eau (DCE), de la directive cadre “stratégie pour le milieu marin” et plus particulièrement aux objectifs fixés par le Grenelle Environnement ; dans le domaine de l’eau, le premier objectif est d’atteindre ou de conserver d’ici à 2015 le bon état écologique ou le bon potentiel, au sens de l’article 2 de la directive cadre sur l’eau de l’ensemble des masses d’eau, tant continentales que marines. L’Etat se fixe l’objectif de ne pas recourir aux reports de délais, autorisés par cette directive, pour plus d’un tiers des masses d’eau.

Extraits http://www.sante.gouv.fr/pourquoi-un-plan.html

Conclusions, comparaisons, réflexions et propositions de pistes de solutions :

Aux 27 milliards d’euros de molécules pharmaceutiques dépensées par an, il faut ajouter les autres coûts (hôpitaux, transports, examens…) et on atteint rapidement près de 200 milliards de coût pour la branche maladie de la sécurité sociale !

Entre le coût des pesticides (environ 3 milliards) en parti payé par la PAC et le remboursement par la sécurité sociale des médicaments notamment de synthèse (près de 27 milliards) la France est très généreuse avec les multinationales des molécules de synthèse utilisée encore en agriculture et sur les humains (environ 30 milliards par an distribués à ces grands groupes financiers)

Ces 30 milliards pour les molécules de synthèse sont à mettre en parallèle avec les 100 millions actuels par an de soutien à l’agriculture bio.

Lorsque on donne 1 pour le développement de l’agriculture bio, on donne donc 300 pour le développement des pesticides et des médicaments de synthèse !

On pourrait, on devrait établir le bilan et vrai coût sanitaire des pesticides, mais aussi des médicaments et autres molécules de synthèse, on sait déjà que 20 000 à 30 000 personnes meurent prématurément chaque année à cause des médicaments de synthèse.

À cela il faudrait ajouter les décès prématurés par cancers et autres maladies chroniques de santé provoqués par l’alimentation industrielle et certaines de ces molécules de synthèse notamment les perturbateurs endocriniens qui représentent un risque colossal !

Les études santé, pollutions de l’environnement et des humains doivent progressivement être lancées et fournir leurs conclusions scientifiques.

Nous pourrions proposer dans un plan de transition sanitaire et écologique de diviser par 3 rapidement entre 2014 et 2020 ce budget global de 30 Milliards (pesticides plus médicaments). On utiliserait par exemple en 2020

- 10 milliards pour continuer à rembourser aux malades les molécules de la pharmacie les moins dangereuses pour eux et l’environnement !

- 10 milliards à investir dans la conversion à l’agriculture bio notamment dans les filières fruits et légumes (on multiplie par 100 l’aide actuelle de 100 millions).

Et il resterait encore près de 10 milliards pour boucher le trou de la sécurité sociale.
Notez bien, chaque français pour être en meilleure santé et éviter les maladies chroniques de civilisation devrait manger chaque jour en moyenne environ 800 gr de fruits et légumes frais bios locaux et de saisons (Recommandation du fond mondial contre le cancer FMCC).

Faisons un calcul simple : Si la sécurité sociale remboursait 800 gr de fruits et légumes bios à 2 euros le kg par jour pendant 365 jours à 50 millions sur 60 millions de français les plus pauvres ou les moins riches, on arrive à une somme de moins de 30 milliards !

Manger tous les jours 800 gr de fruits et légumes bio, ça pourrait donc être remboursé par la sécurité sociale et ça coûterait au final probablement moins cher que de manger l’alimentation industrielle dénaturée et se gaver ensuite de médicaments de synthèse…

On ferait certainement chuter fortement les dépenses qui sont actuellement de près de 200 milliards pour la sécurité sociale dans sa branche maladie.

Une partie des économies réalisées pourrait permettre de diminuer les charges sociales URSSAF qui pèse sur les salariés et les entreprises et une autre partie pourrait même être investie par exemple dans la transition énergétique.
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