Climat Mondial : Deux degrés de plus, "un désastre" pour James Hansen

 

Deux petits degrés Celsius de plus par rapport aux températures préindustrielles seraient déjà “un désastre”. Présentant de nouvelles données au congrès d’automne de l’American Geophysical qui se tient à San Francisco, le climatologue James Hansen avait adressé, dans une conférence donnée mercredi 7 décembre 2011, une sévère mise en garde aux négociateurs réunis à Durban (Afrique du Sud).


Selon le chercheur, célèbre pour avoir été le premier scientifique, en 1988, à tirer le signal d’alarme sur la question climatique, le seuil des 2°C de réchauffement fixé par la communauté inter- nationale ne permet pas de protéger les sociétés sur le long terme. Le directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS), principal laboratoire d’études climatiques de la NASA, présentait une reconstruction de l’évolution des températures au cours des 5 millions d’années écoulées. “Nous sommes aujourd’hui tout près des températures de la période de l’éémien, il y a 130 000 ans, ou du holsteinien, il y a 400 000 ans, a déclaré M. Hansen. Or, à ces deux périodes, nous savons que le niveau moyen des mers était de 4 à 6 mètres plus élevé qu’aujourd’hui.”


Ses travaux, menés avec Makiko Sato (GISS), montrent qu’avec un degré de plus qu’aujourd’hui - c’est-à-dire 1,7 °C de plus par rapport au niveau préindustriel -, la Terre excéderait les tempé- ratures atteintes au cours de ces deux récents pics de chaleur.


Elle atteindrait sa période la plus chaude depuis environ 3,2 millions d’années. “Dépasser ce réchauffement renverrait le climat à ce qu’il était au début du pliocène”, lorsque les océans étaient environ 25 m au-dessus de leur hauteur actuelle, ajoute le chercheur. “Si la teneur en CO2 venait à doubler, précise-t-il, cela reviendrait à augmenter la température moyenne d’environ 3 °C (par rapport au niveau préindustriel) et cela renverrait la planète à un état où la cryo- sphère (l’ensemble des glaces de mer et des glaciers continentaux) n’existait pas.”


Fonte des calottes

La hausse des températures ne fait pas monter les océans instantanément : le système se met lentement à l’équilibre. Mais, selon M. Hansen, les données paléoclimatiques montrent que le rythme d’élévation des mers peut atteindre 1 m à 2,5 m par siècle, en raison de la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique.


Le seuil de 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels est la certitude d’un “désastre à long terme”, conclut M. Hansen. Même si “nous ne savons pas précisément à quel terme”. Pour le chercheur, connu pour ses positions très tranchées et jouissant d’un grand prestige dans la communauté scientifique, “pour conserver un climat qui ressemble à peu près à celui de l’holocène, la période au cours de laquelle la civilisation s’est développée”, il faut “maintenir la concentration de CO2 atmosphérique sous les 350 parties par million (ppm)”. Elle était de 270 ppm au XIXe siècle et elle est aujourd’hui de 390 ppm.


Mais, ajoute le directeur du GISS, il est possible de la faire baisser “en supposant que la reforestation peut pomper 100 milliards de tonnes de carbone” et “en réduisant les émissions de 6 % par an, en commençant dès l’an prochain”. Or, rappelle-t-il, “si nous avions commencé il y a seulement cinq ans, une baisse de 3 % par an aurait suffi”.


Stéphane FOUCART

Extrait lemonde.fr du 8/12/2011




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