Europe et politique agricole commune

 

Réforme de la PAC : vraie remise à plat ou simples mesurettes, le bras de fer a commencé !


Ce sera l’un des principaux chantiers européens de l’année 2012: la réforme de la politique agricole commune, la plus importante des politiques européennes, 55 milliards d’euros, soit 45% du budget de l’Union.

Bruxelles vient de faire ses propositions pour une PAC normalement plus écologique, mais aussi plus équitable. Elles sont désormais débattues au Parlement européen et dans les Etats membres. L’eurodéputé José Bové craint qu’au-delà des bonnes intentions de présentations , le lobby agro-industriel finisse par l’emporter.


Une politique agricole commune plus verte et plus juste. Plus efficace et plus compétitive. C’est l’objectif théorique dans la belle présentation de la Commission européenne pour après 2013. Bruxelles propose dans son nouveau discours de lier une partie des aides au respect de l’environnement, et de rendre la PAC plus équitable, en plafonnant les subventions, et en parvenant à une meilleure répartition. Plus précisément, il s’agit de remettre une partie des terres en jachère, de verser 30% des aides aux exploitations qui diversifient leur culture, maintiennent des pâturages permanents et préservent la biodiversité. Des pratiques agricoles simples dont les effets ne sont plus à démontrer, souligne Bruxelles, alors que l’Europe a pendant des années poussé les agriculteurs sur la voie du productivisme.

Autre mesure phare : le plafonnement des aides. Elles seront dégressives à partir de 150.000 euros par an et par ferme, et ne pourront plus dépasser les 300.000 euros. Ces propositions sont loin de faire l’unanimité.


Alors que les chambres d’agriculture critiquent les critères de verdissement trop élevés, la droite une compétitivité insuffisante, pour les écologistes tout cela ne va pas assez loin : l’Europe rate l’opportunité d’une réforme en profondeur; ils parlent de “capitulation en rase campagne”. L’eurodéputé du groupe des Verts José Bové, vice-président de la Commission agriculture et développement rural du Parlement européen, regrette le fossé entre les bonnes intentions

affichées au départ et les mesures chiffrées présentées actuellement. Il se dit inquiet, et en appelle aux citoyens pour qu’ils continuent à se saisir de ce débat. Si vous souhaitez contacter José Bové ou faire connaître votre avis au député européen de votre circonscription, vous pouvez leur écrire par mail : prénom.nom@europarl.europa.eu.


Vous trouverez tous les détails de cette proposition de réforme sur le site de la Commission européenne : http://ec.europa.eu/agriculture/cap-post-2013/index_fr.htm Ces propositions vont faire l’objet d’âpres discussions entre la Commission, le Parlement européen et les 27 Etats membres. Entrée en vigueur prévue en 2014.

Extraits : http://www.franceinfo.fr/europe




L’agriculture, un enjeu de santé publique


Le lien entre agriculture et santé publique est double : il passe par l’alimentation qui influence 80% des maladies, mais aussi par d’autres compartiments de notre environnement, comme l’eau, l’air, les matériaux. Les agriculteurs sont les premières victimes du développement de l’agriculture intensive chimique. Aucune politique publique de santé ne peut donc plus faire l’impasse sur la question agricole. Le mode de production agricole a plusieurs incidences sur la qualité des aliments, notamment sur les teneurs en résidus chimiques et en nutriments et sur la microbiologie. L’usage de variétés végétales et de races animales adaptées au milieu agro-climatique est fondamental, en permettant de réduire voire supprimer les apports chimiques, et de bénéficier d’une croissance optimale des plantes et des animaux en lien avec leur milieu. Notre alimentation ne peut apporter les molécules précurseurs de nos défenses immunitaires que si les aliments se sont eux-mêmes dotés de ces molécules dans le cadre de leurs processus de croissance : les béquilles chimiques de l’agriculture conventionnelle limitent la richesse des aliments, en les coupant de leur environnement naturel et en réduisant les défenses naturelles des végétaux.



C’est la raison pour laquelle une agriculture sans produits chimiques est bénéfique au moins à trois niveaux :

elle limite nettement la présence de molécules nocives à notre santé ;

elle produit des aliments naturellement chargés en molécules bénéfiques (nutriments, anti- oxydants), précurseurs de nos systèmes immunitaires ;

elle favorise un milieu de qualité (eau, air,sols...)

Pour favoriser la diversification de l’alimentation pour tous, il faut :

encourager une culture alimentaire saine basée sur une réduction de la part des protéines animales (viande deux fois par semaine tel que recommandé par l’OMS dès les années 70), une augmentation conséquente de la part des protéines végétales (céréale et légumineuses, riches en fibres, vitamines et minéraux), ainsi qu’une augmentation de la consommation en fruits et légumes.

mettre en place une véritable éducation à l’alimentation, favoriser l’achat de fruits et légumes bios.





Nouvelle PAC : capitulation en rase campagne !


Le point de vue de José Bové


La Commission européenne a raté l’opportunité de réformer en profondeur la Politique agricole commune et ainsi répondre aux défis que doit relever l’Europe.



Dans un contexte de réchauffement climatique, d’érosion des sols, de pollution des eaux et de perte de la biodiversité, de crise économique et sociale, les mesures présentées par la Commission européenne ne permettent pas de garantir le potentiel productif de l’agriculture européenne sur le long terme.



En encourageant une rotation effective des cultures, l’Europe pouvait atteindre le triple objectif de renforcer son autonomie alimentaire, réduire la dépendance économique des paysans vis-à-vis de l’agrochimie et avoir un impact positif sur la qualité des sols et des eaux et sur le réchauffement climatique, tout cela sans dépense supplémentaire pour les contribuables. La proposition de « diversification des cultures » est anecdotique. La Commission européenne a capitulé en rase campagne face aux pressions des entreprises des engrais et des pesticides. Le verdissement de la PAC n’est qu’un simple coup de pinceau. Les niveaux proposés pour le plafonnement des aides et la dégressivité sont si élevés qu’ils ne permettent pas de corriger les injustices existantes entre les états membres et entre les paysans. Au moment ou l’Europe traverse une crise financière, économique et sociale grave, je suis consterné de voir que la Commission, sous pression de certains états membres n’a pas saisi l’opportunité de réorienter équitablement les soutiens publics.



En fixant comme référence les surfaces éligibles au 1er janvier 2014, la Commission ouvre deux années de chasse aux terres prima bles, au retournement des prairies permanentes et à la mise en place de structures sociétaires pour détourner les critères de plafonnement et de dégressivité des aides. En Europe, sur les 14 millions d’agriculteurs, 10 millions ne touchent pas ou peu d’aides. La mise en place d’un soutien spécifique pour les petites fermes était une innovation importante, indispensable pour préserver la vitalité des zones rurales, accompagner le développement des circuits courts et préserver la diversité et la qualité de nos productions locales.



Mobilisons nous dès à présent pour que l’aide aux petites fermes ait un impact conséquent réel et concret pour des millions de personnes.



Extraits : www.jose-bove.eu/category/politique-agricole-commune


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