Quelle planète voulons nous ? Nations Unies : “Rio +20”

Si on positive on y trouve quelques bonnes intentions avec quelques engagements concrets mais très insuffisants

 

Rio de Janeiro - La déclaration finale du sommet Rio+20, soumise vendredi 22 juin à la ratification des chefs d’Etat et de gouvernement des Nations Unies, est un texte de 49 pages, en 283 paragraphes, avec quelques bonnes intentions et le lancement du processus d’objectifs du développement durable.

 

Le texte réaffirme les principes édictés lors de précédentes conférences et sommets, et insiste sur la nécessité d’accélérer les efforts pour mettre en oeuvre les engagements antérieurs. Il rend hommage aux collectivités locales, qui ont fait des efforts et des progrès.

 

Les 25 domaines particulièrement ciblés vont de l’éradicationde la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’eau, l’énergie, le transport, la santé, l’emploi, aux océans, changement climatique, à la consommation et la production durables.

 

Objectifs du développement durable :

 

Sur le modèle des Objectifs du Millénaire pour le développementà échéance 2015, le sommet insiste sur l’importance de fixer des Objectifs du développement durable (ODD) en nombre limité, concis et tournés vers l’action, applicables à tous les pays mais tenant compte des circonstances nationales particulières. Un groupe de travail de 30 personnes sera mis en place d’ici à la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, en septembre, et devra présenter ses propositions en 2013, pour mise en place à partir de 2015.

 

Les gouvernements du monde entier, le secteur privé et les organisations de la société civile se sont engagés vendredi à mobiliser 513 milliards de dollars pour financer le développement durable. Le Secrétaire général Ban Ki-moon s’est dit encouragé le nombre considérable d’engagements concrets - près de 700 - qui ont été pris pendant la conférence pour réaliser les objectifs fixés.

 

Sur l’ensemble des fonds promis, 323 milliards de dollars iront à l’initiative du Secrétaire général, Énergie renouvelable pour tous, qui doit garantir un accès universel à l’énergie propre d’ici à 2030.

 

Sommet de la Terre Le sommet de Rio se clôt ce vendredi 22 juin sur un sentiment général d’échec...

 

Notre maison brûle… et nous la regardons brûler. « En 2002, Jacques Chirac avaitdit « Notre maison brûle, et nousregardons ailleurs ». En 2012,je dirais que nous la regardonsbrûler ». Pour la sénatrice Laurence Rossignol, Rio+20 est un échec. « C’est le sommet du cynisme,affirme-t-elle. Rio+20 n’a rienrenforcé ni validé, il n’y a aucunevision, aucune ambition ». « Letexte se contente de réaffirmerles engagements de 1992, estime aussi l’eurodéputée Sandrine Bélier. La communauté internationalereconnaît les problèmesenvironnementaux, réaffirme qu’ilfaut aller vers le développementsoutenable, mais ne s’engage à rien », regrette-t-elle.

 

Sur les deux thèmes principaux du sommet, l’économie verte et la création d’une organisation mondiale de l’environnement, aucune avancée. « La crise économique est un prétexte ou unetrès grande incompréhension de ce qui se passe car l’économieverte aurait dû être une solution pour en sortir », estime Laurence Rossignol. Et même si l’idée de réformer le Programme des Nations unies pour l’environnement afin de lui donner plus de poids figure dans le texte, tout reste flou, même le nom de cette future agence. « Le Parlement européen attendait un engagementlà-dessus, pour donner une cohérence à la centaine de conventionsinternationales qui existent sur l’environnement », rappelle

Sandrine Bélier.

 

La société civile, furieuse devant “l’échec” et “l’absence” d’engagements du sommet de l’ONU, est montée au créneau jeudi 21 juin, au deuxième jour du sommet de l’ONU Rio+20, alors que les chefs d’Etat et de gouvernement continuaient à défiler à la tribune.

Plusieurs grandes organisations de la société civile, dénonçant la faiblesse du document final, ont affirmé qu’elles se battraient avec d’autant plus d’énergie pour la nature et contre la pauvreté.« Plus importante que la déclaration de Rio+20, il y a la mobilisationdes gens” », a relevé l’ancien président brésilien Fernando Cardoso.

 

A la tribune du sommet, le président équatorien Rafael Correa a souligné que les 20% de pays les plus riches génèrent 60% des émissions de gaz à effet de serre, tandis que les 20% les plus pauvres en générent 0,72%. « Le problème n’est pas technique, il estpolitique ». « Mais vu les rapports de pouvoir sur la planète, ilva être très difficile de parvenir à des compromis avec les grands

pays pollueurs ».

 

Le président bolivien Evo Morales a dénoncé l’économie verte comme « un nouveau colonialisme » que les pays riches voulaient imposer aux pays en développement. « Les ressources naturellesappartiennent au peuple, elles ne peuvent être l’affaire desmultinationales », a-t-il dit.

 

Les Indiens sont allés dans le même sens en demandant aux dirigeants de protéger la Mère Terre et en rejetant l’économie verte, une “mercantilisation de la nature” et “un crime contre la Terre et l’Humanité”.

 

Repli sur les intérêts nationaux

 

M. Morales a également exhorté l’Afrique à ne pas privatiser ses ressources. « Aux pays africains, je dis, récupérez, nationalisezvos ressources naturelles. Lesressources naturelles appartiennent aux

peuples ; ne peuvent être négociées à niveau international ». Il a mis en garde contre le capitalisme vertqui « transforme chaque arbre, chaque plante, chaque goutte d’eau et chaque être de la nature, en marchandise ».

 

Subventions aux énergies fossiles : « Les lobbys pèsent trop sur les gourvernements »

 

C’est un rapport qui dérange : « Fossil fuel subsidies and government support in 24 OECD countries » fait le point sur les subventionsversées aux énergies fossiles par les gouvernements dans 24 paysde l’OCDE (Organisation de coopération et de développementéconomiques).

 

Les chiffres laissent sans voix : alors que les gouvernements rechignent à verser les 100 milliards de dollars annuels (78,6 milliards d’euros) qu’ils avaient promis à la conférence sur le climat de Copenhague en 2009, et ce afin de financer l’adaptation au changement climatique, plus de 750 milliards de dollars de fonds publics (590 milliards d’euros) sont dépensés chaque année pour soutenir la production et la consommation d’énergies fossiles...

 

L’eurodéputé Vert Yves Cochet, qui a réalisé ce rapport avec Elise Buckle, directrice de SustainEnergy, a répondu aux questions de Terra eco

 

Terra eco : Votre rapport met en évidence un gouffre entre les sommes investies dans les subventions aux énergies fossiles et les sommes qu’on peine à trouver pour financer l’adaptation au changement climatique, notamment le développement des énergies renouvelables. Quel est votre sentiment face à ce constat ?

 

Yves Cochet : Je suis immensément stupéfait ! Quand nous avons commencé nos recherches, on ne le croyait pas : l’estimation mondiale des subventions aux énergies fossiles est énorme ! Et encore, cette estimation est minimale : elle ne concerne que 24 pays parmi ceux de l’OCDE, et elle est basée sur ce que les gouvernements ont bien voulu nous dire... Autrement dit, ces subventions sont sûrement bien plus importantes.

 

Les déclarations des gouvernements affirmant vouloir s’engager dans une réelle transition énergétique s’en trouvent-t-elles écornées ?

 

C’est certain que d’un côté, on condamne les énergies fossiles, et de l’autre, on les subventionne largement... On se rend compte à quel point les grands lobbys - pétroliers, charbonniers et gaziers - pèsent. Comme Total, qui est de loin la plus grande entreprise en France. Les lobbys sont tellement forts que les gouvernements sont capables de donner des sommes énormes sans penser plutôt

à changer leur politique.

Cela révèle aussi un autre modèle mental, avec des gouvernements qui pensent qu’il faut s’intéresser à l’environnement, à la protection de l’air, de l’eau, des forêts, mais tout ceci n’est rien par rapport

au soutien qu’ils apportent aux énergies fossiles.

 

En 2009, à Pittsburgh, les dirigeants du G20 s’étaient engagés à éliminer progressivement les subventions inefficaces aux combustibles fossiles. Que s’est-il passé depuis ?

 

Cela fait partie de ces grandes déclarations politiques mais qui ne sont pas juridiquement contraignantes : elles donnent des espoirs mais en réalité, elles ne sont pas mises en oeuvre. En

publiant ce rapport avant le G20 de Los Cabos au Mexique, et RIO+20, qui est en train de se terminer, au Brésil, on espérait que cela pourrait avoir un impact. Mais nous sommes déçus, ça ne va rien donner...

 

Dans votre rapport, vous préconisez la création d’une instance internationale capable de réformer ce système de subventions aux énergies fossiles. Comment pourrait-elle s’articuler pour

reprendre ce pouvoir que d’autres instances onusiennes peinent à exercer ?

 

C’est une évidence que les instances onusiennes aujourd’hui ne convainquent plus les gouvernements. L’ONU devrait avoir plus de pouvoir contraignant sur les gouvernements, mais le nationalisme l’emporte actuellement sur l’international... Laissons les marchés faire, sans subventionner les énergies fossiles et on verra si les énergies fossiles sont toujours aussi concurrentielles face aux énergies renouvelables !

 

Ce qui est sûr c’est qu’ avec 750 milliards de dollars par an (592 milliards d’euros) de subventions annuelles, si c’était le cas les énergies renouvelables se porteraient sûrement mieux...

 

Extraits : http://www.terraeco.net/

Energies-fossiles-le-paradoxe-des,44476.html

création de site internet avec : www.quomodo.com