Comment gérer la transition écologique d’un département ?

 


Les 22 et 29 mars, on va voter pour élire nos nouveaux conseillers départementaux et les citoyens devront probablement choisir entre plusieurs projets.
Voilà une réflexion importante avant ce vote et même après ce vote pour aider les nouveaux élus à agir.

Le département a des compétences surtoutsociales à soutenir évidemment,c’est un véritable service public de solidarité, mais le département peut devenir
aussi un instrument majeur pour coordonnerles actions de la transition écologique et énergétique.
Grâce au levier de l’économie verte nosdépartements pourraient bien nous permettre aussi de sortir de la crise.
Tous les citoyens de sensibilité humaniste et écologiste doivent donc voter et se rassembler pour mettre en oeuvre cette transition.

Voici une réflexion pédagogique pour comprendre tous ces enjeux
Les connaissances préalables au niveau mondial

D’abord les constats du global au local (des Nations Unies à nos départements, nos quartiers, à nos vies) :
Après analyse des connaissances actuelles mesurables nous savons que le développement global actuel à tous les niveaux est insoutenable à moyen et long terme pour les générations actuelles et futures :

Pollutions de la biosphère (air, eau, sol, faune et flore, ...), perte accélérée de la biodiversité, changement climatique rapide, empreinte écologique trop importante…

Les experts des Nations Unies, les scientifiques du GIEC tirent la sonnette d’alarme et les gouvernements, les institutions, les citoyens ignorent encore trop souvent comment
agir !

La maison Brûle et nous regardons ailleurs ! l’utilisation notamment des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz, ...) a participé a dégrader la biosphère, au point de menacer la survie même de l’humanité

Nous rejetons au niveau de la planète chaque année 10 milliards de tonnes carbone alors que nos puits de carbone que sont les océans et les végétaux dont les forêts ne peuvent absorber que 3 milliards
de tonnes par an.

Les solutions

La conférence de Rio a fixé en 1992 des objectifs pour atteindre un développement soutenable dans ce 21ème siècle (Agenda 21).
Cet objectif c’est précisément de “Satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre les besoins des générations futures”.

Cela passe donc par une analyse des besoins humains et une réflexion pour les satisfaire sans dégrader la biosphère et le climat.

Pour cela il faudra notamment par exemple changer nos modes de productions et de consommations, en décarbonant pratiquement nos activités le plus rapidement possible d’ici 35 ans.

Il nous faut donc tenir compte de ces enjeux et solutions à tous les niveaux des institutions.

Chacun de nous, dans chaque niveau des institutions doit participer à atteindre cet objectif global.

En Europe, en France nous nous sommes fixé de diviser par 4 nos rejets de gaz à effet de serre d’ici 2050 et des objectifs d’étapes sont donnés par exemple réduire de 30 à 40% ces rejets d’ici 2020.

Les solutions de cette transition écologique et énergétique vont donc impacter nos activités sociales et économiques, la transition sera donc aussi sociale et économique.

Tous nos besoins doivent donc être satisfait le mieux possible sans polluer, la satisfaction de certains besoins actuellement rejette trop de gaz à effet de serre.

À eux seul comme nous l’avons souligné à plusieurs reprise les besoins de manger, se loger et se déplacer représente près de 75% de nos rejets globaux de gaz à effet de serre soit près de 25% pour chacun d’eux.

Les solutions passent donc par globalement par une division par 4 des énergies fossiles utilisées actuellement pour satisfaire chacun de ses besoins (Manger, se loger, se déplacer).

D’ou les solutions simples et faciles à mettre en oeuvre :

- Manger davantage bio, local et de saison.
- Isoler naturellement davantage nos logements et bâtiments pour éviter de dépenser de l’énergie pour se chauffer et utiliser les énergies renouvelables pour les autres usages.

- Se déplacer davantage écologiquement (à pied, à vélo, bus, tram, train, ...).

Ces solutions simples sont à notre portée, elle nous permettront de mieux vivre, d’arrêter de dégrader la biosphère et d’avoir le changement climatique le moins pire possible.

Le rôle du département pour la transition

Chaque département doit comme un colibri faire sa part pour participer à cette évolution globale.

Nous devons réussir un développement soutenable et durable.

Réussir un Agenda 21 et un plan climat départemental.

Pour cela nous devons intervenir en coordination avec les autres collectivités sur les sujets suivants dans chaque département.

Agriculture, alimentation, santé…

- Apporter notre soutien entier à l’agriculture biologique locale.

- Avancer vers le zéro pesticides, le zéro OGM, ...

- Développer tous les circuits courts pour favoriser le manger local, bio et de saison

Soutenir les AMAPS, l’installation de jeunes agriculteurs bios, le jardinage bio autour des villes et villages.

- Passer des partenariats avec les agriculteurs locaux pour fournir les cantines bio des collectivités : les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, l’université, les hôpitaux et les maisons de retraite....

- Réorganiser des marchés bios locaux et soutenir les magasins de produits bio locaux.

- Favoriser le développement de la permaculture pour garder les sols des terres agricoles vivants (les végétaux et les sols doivent aussi contribuer à capter davantage de CO2).

- Avancer avec les instances sanitaires (PNNS) pour que chaque habitant du département puisse manger entre 400 g et 800 g de fruits et légumes bio par jours quel que soit son revenu.

- Nos départements doivent retrouver leur statut de département agricole bio.

- Faire des départements des acteurs en matière de prévention santé

- Favoriser la création d’emplois dans ces filières agricoles et de l’alimentation bio : plusieurs milliers emplois pourraient être recrées dans ces secteurs dans chaque département.

Logements, économies d’énergies et énergies renouvelables

- La première priorité ce sont les économies d’énergies dans tous les logements et les bâtiments.

- Le département doit contribuer à aider les logements publics ou privés à faire des travaux de rénovations et d’isolations avec des matériaux locaux naturels (paille de blé, de lavande, chanvre, bois, ...).

- De nouvelles filières de matériaux sains et locaux doivent être encouragées et soutenues.

- Le département doit aussi favoriser la formation des artisans qui mettrons en oeuvre ces rénovations pour l’isolation.

- Ces travaux doivent être aidés financièrement en priorité pour toutes les familles en précarité énergétique.

- Le département peut favoriser la création de coopératives de production d’énergies renouvelables pour retrouver dans chaque territoire l’autonomie énergétique, ...

- On peut estimer là aussi une création de plusieurs milliers emplois dans ce secteur dans chaque département.

- Le département peut favoriser les réseaux numériques filaires par rapport aux réseaux sans fils, et veiller au respect des normes de pollutions électro-magnétiques par les opérateurs sur son territoire
(Antennes relais, WIFI).

Déplacements plus écologiques

- Le département doit encourager dans tous ses territoires davantage les déplacements doux(marche à pied, vélos, transports en commun(tram, bus, train, ...).

- Encourager les villes et villages à organiser leur centre sans voitures avec davantage de trame verte pour marcher et rouler à vélo.

- L’auto-partage et le co-voiturage doivent être soutenus et encouragés.

- Les départements doivent créer un réseau massif de nouvelles pistes cyclables sécurisées (1m50 à 2m50 de large).

- Favoriser les déplacements en bus, encourager l’utilisation avec la région des TER régionaux.

L’économie circulaire

L’économie traditionnelle fonctionne généralement de manière linéaire : on utilise des ressources pour fabriquer un produit, on le consomme puis on le jette.

Or, ces ressources ne sont pas illimitées et le fait de jeter génère des déchets coûteux, à terme, pour la société.

L’économie circulaire propose de repenser ce schéma linéaire pour le transformer en cycle.

En recyclant, en réutilisant et en repensant toute la chaîne de production.

Pour caricaturer un peu, l’idée c’est qu’un déchet peut devenir la matière première d’un nouveau produit.

Tout ça est pensé en amont, afin d’organiser au mieux les cycles de production et limiter le gaspillage énergétique.

On peut ainsi rapprocher l’économie circulaire des systèmes naturels qui fonctionnent en boucle, comme le cycle de l’eau ou la photo - synthèse.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », aurait dit le chimiste Lavoisier.

On agit sur le cycle de vie d’un produit via quatre étapes-clés : en produisant et concevant durablement les produits (ce qu’on appelle l’éco-conception), en consommant autrement (en privilégiant le partage, par
exemple), en redonnant vie au produit (la réparation) et en redonnant vie à la matière (le recyclage).

Mais qu’est-ce que l’économie de fonctionnalité dans tout ça ?

On rattache généralement l’économie de fonctionnalité à l’économie circulaire.

Ce concept intervient dans l’étape « consommer autrement » : on achète le service au lieu du bien, en utilisant des vélos ou des voitures en libre-service dans les grandes villes, par exemple.

Ou en louant des photocopieurs au lieu d’en acheter si on est une entreprise.

Le fournisseur de services gère l’entretien (et le recyclage) des machines.
Du coup, en général, il a plutôt intérêt à limiter l’obsolescence programmée et a avoir des machines qui durent !

Chaque département doit entamer une réflexion sur l’économie circulaire et favoriser sur son territoire une ou plusieurs recycleries.

Conclusion

La réussite de cette transition au plan départemental passe évidemment par l’implication et l’organisation des citoyens, la démocratie participative et la relocalisation d’une économie écologique.

Pour réussir à décarboner nos modes de productions, de consommations, de vies, les départements peuvent jouer un rôle de coordination ; ils doivent aider dans les communes de leur territoire les associations citoyennes qui oeuvrent déjà dans ce domaine.

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